Ça faisait bien longtemps que je n'ai pas pondu un seul billet avec de vrais mots dedans. On va essayer de se rattraper ce soir. Pourquoi ? Je sais pas, juste comme ça, parce que j'ai envie de lâcher un peu de lest, d'exprimer quelques trucs, et le faire en un peu plus que les 140 caractères autorisés par Twitter.
Par contre, ça va sûrement être un peu égocentrique, donc je préviens ceux que ça n'intéressera pas : passez votre chemin.
Au cas où vous viviez dans une grotte, ou que tout simplement vous êtes une personne normalement constituée avec des heures de sommeil régulières et une vraie vie sociale : d'ici six jours, sortira la plus grosse mise à jour du premier MMORPG français, j'ai nommé DOFUS 2.0.
J'ai été engagée il y a maintenant onze mois chez Ankama afin d'apporter une certaine aide à cette immense refonte graphique. Au début, mon rôle se cantonnait à refaire des équipements, chose plus ou moins rébarbative mais néanmoins essentielle.
Et puis, par un concours de circonstances, j'en suis venue à faire (et refaire) l'intégralité des sprites des personnages principaux de DOFUS 2.0.
Vous avez bien lu : lorsque l'on traite les personnages de têtards déformés, de chiards difformes, de gamins androgynes et d'autres immondices qui ne me reviennent plus, c'est mon travail qui est directement remis en question.
En soi, cette tâche qui m'a été confiée est une très grande satisfaction, une certaine fierté, même si je remets constamment mon travail en question, et que je remets sur le métier cent fois mon ouvrage. Mais c'est aussi une responsabilité immense, qui m'empêche assez souvent de dormir quand j'y pense trop.
Donc, à vous qui vous permettez de critiquer mon travail ainsi que celui de mes collègues avec ces mots rudes, que vous pensez suffisamment provocateurs pour être remarqués :
il y a de vraies personnes derrière ce sur quoi vous crachez. Je suis là, j'existe, je suis une vraie personne en chair et en os qui ne dort pas pour votre propre plaisir de jeu.
Que l'on ne se méprenne pas sur mes propos : j'accepte, que dis-je, je
demande la critique, celle qui me permet d'avancer, de rendre mon travail meilleur, de déceler ce qui ne va pas. J'en suis friande, je passe des heures à éplucher absolument tous les forums où cette critique pourrait se cacher, dans l'unique but d'améliorer mon travail. Je passe même beaucoup trop de temps à ça selon mes pairs, et cela nuit probablement à ma vie personnelle, mais peu importe, c'est ma manière de fonctionner. Je ne sais pas faire les choses à moitié, soit je les fais à fond, soit je ne les fais pas.
Pensez à cela la prochaine fois que vous posterez une remarque acerbe, bien au chaud derrière votre écran : vos mots vont être lus par une jeune graphiste pleine de remises en question, et n'ont pas besoin d'être provocateurs pour être entendus.
Grandissez, et exprimez-vous sur les forums comme si vous vous adressiez à une personne physiquement présente en face vous : avec respect et compréhension.